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#SOCIÉTÉ Consommation, Éducation et Télémédecine : ce qui a changé et ce qui va rester !

Publié par Barbara Haddad le

Allons-nous reprendre nos vieilles habitudes dès le 11 mai 2020 ou au contraire, cette période de confinement aura-t-elle sonné une ère nouvelle, où la consommation sera enfin raisonnée, l'école digitalisée et où nous consulterons nos médecins aussi bien au cabinet que depuis notre canapé ?

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#EDUCATION Une complémentarité entre enseignement présentiel et distanciel à la rentrée 2020-21 ?

L'arrivée du numérique dans le système scolaire a bousculé l'école dans son organisation, ses certitudes et a soulevé aussi de nombreuses inquiétudes, notamment quant aux inégalités qu'il peut générer : entre les écoles plus ou moins bien équipées, entre les élèves aussi qui ont plus ou moins facilement accès à un ordinateur ou internet à la maison ... Aussi la France ne figurait-elle pas, avant le confinement, parmi les pays les plus avancés dans la transformation digitale du modèle éducatif.

Ce qui changé pendant " le Grand Confinement" ?

Des millions d'élèves et d'enseignants ont basculé du jour au lendemain dans l'enseignement à distance, avec des facilités différentes selon chacun à s'approprier les outils numériques et assurer une continuité du programme scolaire. Ainsi, le CNED a gagné plus de 17 000 abonnés à ses cours en ligne depuis le 17 mars 2020 et l'utilisation des plateformes de visioconférences s'est accrue.

" Ce qui change avec l'enseignement distanciel est que le sachant n'est plus positionné au centre d'une salle de cours, mais face à son ordinateur et discute avec ses élèves, eux aussi assis devant leur écran sur leur bureau, leur lit ou leur canapé, casque vissé sur la tête. Il y a donc un premier enjeu pour les professeurs : celui de garder l'attention de leur auditoire", constate Frédéric Sitterlé, Directeur Général de l'école HETIC, spécialisée dans les formations aux métiers d'internet, du web et du multimédia.

L'enjeu pour les enseignants est alors de faire preuve de créativité pour garder l'attention de leurs étudiants mais aussi les motiver à travailler seul à la maison sans se décourager. Certains ont adapté les cours en fonction du niveau des élèves, d'autres ont contextualisé les leçons pour les rendre plus ludiques ou ont même profité du temps disponible pour faire participer des intervenants extérieurs. " Le niveau d'exigence reste le même mais les méthodes pédagogiques s'adaptent, notamment en distribuant le travail au fur et à mesure ou en rythmant différemment les temps de pause ", poursuit Frédéric Sitterlé.

Autre évolution, celle de l'utilisation plus fréquente par les étudiants des applications de soutien scolaire : par exemple, eduPad, éditeur de l'application éducative ITooch qui couvre les programmes scolaires officiels du CP à la 3ème, a vu le nombre de téléchargements de ses applications multiplié par trois depuis le début du confinement et la durée moyenne des sessions a également été multipliée par deux. eduPad a d'ailleurs choisi de mettre gratuitement à disposition des écoles l'intégralité de son catalogue d'applications sous Android pendant la durée de la crise pour faciliter le travail des enseignants.

" Même constat chez Nomad Education, application mobile qui couvre le soutien scolaire de la primaire au lycée : l'audience a doublé depuis le début du confinement. On observe surtout une modification des usages : explosion du nombre de connexions et du temps d'utilisation de l'application. Il y a aussi des utilisations plus fréquentes par les élèves de primaire et leurs parents pour suivre le programme ", déclare Clémence Illien, directrice marketing et communication de Nomad Education.

Ce qui pourrait rester après ?

" Ces nouveaux usages ont permis de mettre en lumière les avantages de l'apprentissage à travers le digital, auprès des jeunes, des parents mais aussi des professeurs et du Ministère. Cela va permettre à l'avenir à l'école et aux entreprises privées notamment des Ed Tech de travailler beaucoup plus main dans la main dans l'intérêt des élèves ", espère Clémence Illien.

Frédéric Sitterlé voit, quant à lui, l'opportunité d'une plus grande mixité dans la façon de transmettre les connaissances, avec une alternance de cours magistraux en ligne et d'ateliers présentiels plus pratiques ou à l'inverse de la mise à disposition de ressources en ligne en compléments des cours délivrés en classe. " Cela ouvre l'opportunité de proposer aux étudiants des modalités d'apprentissage plus personnalisées et ludiques, grâce notamment à la gamification", explique-t-il.

Reste aux enseignants, à trouver après le 11 mai 2020, un nouveau rythme, pour accompagner à la fois les élèves qui seront en classe et ceux qui vont rester à la maison ?

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